9 000 milliards d’euros transmis d’ici 2040. Avez-vous anticipé ?

9 059 milliards d’euros. C’est le montant total du patrimoine que les Français vont se transmettre d’ici à 2040. Un chiffre vertigineux, mis en lumière par la Fondation Jean Jaurès en novembre 2024, et qui dépasse de loin la dette publique française. Cette vague historique de transmissions, baptisée « la grande transmission », est déjà en cours. Et elle pose une question urgente pour chaque famille : êtes-vous prêt ?

Sommaire

 

  1. Qu’est-ce que la grande transmission ?
  2. Les chiffres qui changent tout
  3. La France, championne européenne de la fiscalité successorale
  4. Les outils pour agir maintenant : donation, donation-partage, abattements
  5. L’horizon 2027 : pourquoi le risque de réforme est réel
  6. Pourquoi attendre peut coûter très cher
  7. FAQ : Questions fréquentes
  8. Prendre rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine
transmission heritage succession

1. Qu'est-ce que la grande transmission ?

 

La « grande transmission » désigne le transfert massif de patrimoine qui va s’opérer entre la génération du baby-boom (les Français nés entre 1946 et 1964) et leurs enfants, au fur et à mesure de leur vieillissement et de leur disparition.

Ce phénomène n’est pas nouveau. Mais son ampleur l’est. En quelques décennies, cette génération a accumulé un patrimoine colossal, porté notamment par la forte hausse de l’immobilier. Ce capital, détenu aujourd’hui par les plus de 60 et 70 ans, va progressivement changer de mains.

Les chiffres annoncés

9 059 milliards d’euros vont être transmis entre 2025 et 2040. Source : Fondation Jean Jaurès, novembre 2024 – rapport « Face à la grande transmission »

Ce chiffre représente chaque année une manne de 677 milliards d’euros en flux successoraux, contre 464 milliards en 2025, soit une progression de près de 50 % en 15 ans. Source : Crédit Agricole Études Économiques, mars 2026

Pour comprendre la concentration du problème :

  • 25 % du patrimoine national est détenu par les plus de 70 ans.
  • 50 % du patrimoine national est détenu par les plus de 60 ans. Source : Banque de France, données distributionnelles 2023

Et côté démographique, la courbe est claire :

  • Plus de 600 000 décès en France en 2025.
  • Plus de 800 000 décès annuels prévus d’ici 2040 selon les projections de l’INSEE.

Ce n’est pas une statistique abstraite. C’est une réalité qui touche aujourd’hui des centaines de milliers de familles françaises chaque année, avec des conséquences directes sur la gestion de leur patrimoine.

La France, championne européenne de la fiscalité successorale

Si la grande transmission est un phénomène mondial, la France occupe une position singulière sur la question fiscale.

0,7 % du PIB : c’est ce que représentent les droits de succession et de donation en France, contre 0,2 % en moyenne pour les autres pays européens. La France taxe donc les transmissions 3,5 fois plus que ses voisins. Source : OCDE, iFRAP

Et selon les données d’Eurostat, la France a perçu 44,5 % du montant total de l’impôt sur les successions collecté par l’ensemble des pays de l’Union Européenne. À elle seule. Alors qu’elle représente moins de 15 % de la population européenne.

Pour comparaison :

  • Taux marginal en ligne directe en France : 45 %, troisième taux le plus élevé des pays de l’OCDE (après le Japon à 55 % et la Corée du Sud à 50 %)
  • En Allemagne : 30 % avec un abattement de 400 000 euros par enfant
  • En Italie : 4 % avec un abattement d’un million d’euros par enfant
  • En Suède, Portugal, Autriche : 0 % de droits de succession

Ce paradoxe mérite d’être compris : en France, près de 90 % des successions en ligne directe échappent à l’impôt grâce aux abattements. Mais pour les autres, ceux qui ont un patrimoine plus important ou une famille recomposée, la facture peut être très lourde.

Les outils pour agir maintenant

Anticiper sa transmission ne signifie pas se démunir. Cela signifie organiser le transfert de son patrimoine dans de bonnes conditions, fiscalement et familialement. Voici les principaux leviers disponibles en 2026.

La donation simple

Vous pouvez donner de votre vivant à chacun de vos enfants jusqu’à 100 000 euros par parent et par enfant, tous les 15 ans, totalement exonérés de droits. Un couple peut donc transmettre jusqu’à 200 000 euros par enfant sans aucun impôt.

Et cet abattement est rechargeable : si vous avez fait une donation en 2015, votre « compteur » s’est remis à zéro en 2030. L’anticipation permet donc de multiplier les transmissions en franchise d’impôt sur une vie.

À cela s’ajoute :

  • L’abattement de 31 865 euros par grand-parent vers chaque petit-enfant
  • Le don familial de sommes d’argent : 31 865 euros supplémentaires, en liquide, chèque ou virement, sous conditions d’âge
  • L’exonération du conjoint survivant (marié ou pacsé) : totale sur les droits de succession

La donation-partage

La donation-partage est un acte notarié qui permet de distribuer une partie de votre patrimoine à vos enfants de votre vivant, en les associant tous à la décision. C’est l’outil clé pour :

  • Figer la valeur des biens au jour de la donation (et éviter les conflits ultérieurs sur la valorisation)
  • Organiser une transmission équitable entre des enfants qui ont des situations différentes
  • Prévenir les contentieux successoraux : les enfants qui acceptent la donation-partage renoncent généralement à remettre en cause le partage après le décès

Pour les chefs d’entreprise, la donation-partage avec réserve d’usufruit est particulièrement intéressante : vous transmettez la nue-propriété de vos parts ou de votre immobilier, tout en conservant les revenus et les droits de vote jusqu’à votre décès.

Le démembrement de propriété

Transmettre la nue-propriété d’un bien tout en en gardant l’usufruit permet de réduire l’assiette taxable : seule la valeur de la nue-propriété est soumise aux droits de donation, calculée selon un barème fiscal tenant compte de l’âge de l’usufruitier.

Exemple : à 60 ans, la nue-propriété représente 50 % de la valeur totale du bien. Vous transmettez 200 000 euros de valeur en ne payant des droits que sur 100 000 euros.

L’assurance-vie

L’assurance-vie reste l’un des outils de transmission les plus puissants du droit français. Les capitaux transmis au décès bénéficient d’une fiscalité très favorable, notamment pour les versements effectués avant 70 ans : 152 500 euros par bénéficiaire exonérés, puis une taxation à 20 % jusqu’à 700 000 euros et 31,25 % au-delà. Ces abattements sont distincts et cumulables avec ceux des droits de succession classiques. Notez aussi que les bénéficiaires peuvent être des personnes non héritières légalement ou directement (exemple : partenaire de PACS, enfant du conjoint, petits-enfants, neveu/nièce).

L'horizon 2027 : pourquoi le risque de réforme est réel

C’est le sujet que beaucoup de conseillers patrimoniaux hésitent à aborder, mais qu’il serait imprudent d’ignorer.

À l’approche des élections présidentielles de 2027, et dans un contexte de finances publiques françaises particulièrement dégradées, la question de la fiscalité sur les successions et donations pourrait s’inviter dans le débat public.

Le rapport de la Fondation Jean Jaurès de novembre 2024 a remis le sujet sur la table avec une proposition explicite : réformer « l’impôt sur les grandes successions » pour dégager de nouvelles ressources. Ce rapport a connu un regain d’intérêt en 2025 et 2026 à mesure que le contexte budgétaire s’est tendu.

Le scénario d’une réforme peut prendre plusieurs formes :

  • Abaissement de l’abattement de 100 000 euros
  • Raccourcissement du délai de rappel fiscal (aujourd’hui 15 ans)
  • Intégration des capitaux d’assurance-vie dans la base taxable
  • Création d’un impôt progressif sur les « grandes successions »

Aucune réforme n’est décidée à ce jour. Mais le niveau d’attention politique sur ce sujet est inédit depuis 15 ans. Et dans le domaine patrimonial, le principe est simple : les dispositifs qui existent aujourd’hui sont ceux que vous pouvez utiliser aujourd’hui.

Pourquoi attendre peut coûter très cher ?

Prenons un exemple simple : Un parent de 65 ans possède un patrimoine immobilier et financier cumulé de 800 000 euros et a deux enfants.

Scénario A

Il n'anticipe rien. Au décès, chaque enfant hérite de 400 000 euros. Après abattement de 100 000 euros, la base taxable est de 300 000 euros par enfant, soit des droits de succession d'environ 57 000 euros par enfant. Total : 114 000 euros payés à l'État.

Scénario B

Il anticipe avec une donation aujourd'hui. Il donne 100 000 euros à chaque enfant maintenant (exonéré). Dans 15 ans, s'il est encore en vie, il peut redonner 100 000 euros supplémentaires à chacun (toujours exonéré). Le patrimoine transmis sans impôt atteint 400 000 euros au total. Les droits de succession résiduel sont considérablement réduits.

FAQ : Questions fréquentes sur la transmission de patrimoine

Qu'est-ce que la "grande transmission" ?

C’est le terme utilisé par la Fondation Jean Jaurès pour désigner le transfert massif de patrimoine qui va s’opérer entre la génération du baby-boom et ses héritiers d’ici 2040. Le montant estimé est de 9 059 milliards d’euros sur la période 2025-2040.

Oui. Un couple peut donc transmettre jusqu’à 200 000 euros à chaque enfant sans aucun droit de donation. Et cet abattement se recharge tous les 15 ans, ce qui permet d’organiser des transmissions successives.

Une donation simple est un transfert de bien ou d’argent à un ou plusieurs bénéficiaires. Une donation-partage est un acte notarié qui organise le partage entre tous les enfants en même temps, avec leur accord. Elle présente l’avantage de figer la valeur des biens au jour de la donation et de sécuriser l’équilibre du partage pour éviter les conflits après le décès.

Aucune réforme n’est adoptée à ce stade. Mais la combinaison d’un contexte budgétaire dégradé, de l’ampleur de la grande transmission et de l’approche des élections présidentielles de 2027 crée un environnement où le sujet pourrait revenir dans le débat. S’appuyer sur les règles actuelles reste la démarche la plus prudente.

Pas nécessairement si vous avez des héritiers en ligne directe. En France, 84 % des successions en ligne directe ne donnent lieu à aucun impôt grâce aux abattements. Mais une bonne organisation évite aussi les problèmes pratiques : indivision entre héritiers, liquidités insuffisantes pour payer les droits, conflits familiaux autour du partage. La transmission se prépare quelle que soit la taille du patrimoine.

Un CGP indépendant (certifié CIF) analyse votre situation dans sa globalité : patrimoine, objectifs, situation familiale, horizon de temps. Il peut proposer une stratégie combinant donation, assurance-vie, démembrement et structuration juridique, avec un chiffrage concret des économies réalisables. Beaucoup de familles découvrent trop tard que quelques actes simples réalisés quelques années plus tôt auraient changé considérablement leur situation.

une capitalisation dans le cadre de l’impôt sur les sociétés

une diversification financière

une optimisation de la gestion de liquidités

Fiscalité du contrat de capitalisation

En cas de rachat, la fiscalité est identique à celle de l’assurance-vie :

En cas de transmission :

Cette conservation de l’historique constitue un avantage stratégique majeur.

Plus l’horizon est long, plus l’effet de capitalisation joue un rôle déterminant.
Le contrat de capitalisation permet d’investir dans une logique long terme tout en conservant une
grande souplesse juridique.

Dans quels cas privilégier un contrat de capitalisation ?

Il est particulièrement adapté :

La pertinence dépend toujours :

Un accompagnement pour prendre les bonnes décisions

La grande transmission est une réalité démographique et fiscale que personne ne peut ignorer. La question n’est pas de savoir si votre patrimoine sera un jour transmis. Elle est de savoir dans quelles conditions il le sera.

Chez Renou Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine, nous accompagnons les particuliers, chefs d’entreprise et professions libérales dans l’organisation de leur transmission. Notre approche est indépendante et personnalisée : pas de produit maison à vendre, uniquement l’analyse de votre situation et les recommandations adaptées à vos objectifs.

Nous intervenons en présentiel en Corse (cabinet à Bastia) et par téléphone ou visioconférence partout en France

Notre cabinet s’adresse aux particuliers et professionnels souhaitant une solution personnalisée. Premier rendez-vous offert et sans engagement

Céline Renou est conseillère en gestion de patrimoine indépendante, titulaire des certifications CIF (ANACOFI), IAS et IOBSP, enregistrée à l’ORIAS sous le numéro 26004028. Les informations contenues dans cet article sont de nature générale et ne constituent pas un conseil personnalisé. Les chiffres cités sont issus de sources tierces mentionnées dans le texte et peuvent évoluer.