Garder ou vendre un bien reçu en héritage ?

Par Céline Renou, Conseillère en gestion de patrimoine cabinet indépendant, Bastia, Corse
Mis à jour : juin 2026 · Lecture : 7 minutes

Sommaire

  1. Le point de départ : la fiscalité
  2. Le calendrier des abattements sur la plus-value en 2026
  3. Les cas d’exonération totale
  4. 5 raisons de vendre le bien hérité et 5 raisons de le garder
  5. Le piège de l’indivision (et la solution SCI)
  6. La grille de décision : 3 questions à se poser
  7. FAQ : Questions fréquentes
  8. Prendre rendez-vous avec un conseiller en Corse

1. Le point de départ : la fiscalité

Lorsque vous héritez d’un bien immobilier, la fiscalité ne fonctionne pas comme pour un achat classique.

Le prix de référence pour le calcul de la plus-value n’est pas ce qu’a payé votre parent à l’époque. C’est la valeur vénale déclarée dans la succession autrement dit, la valeur retenue par le notaire au moment du décès, qui correspond en général à la valeur de marché à cette date.

Cela a une conséquence directe : si vous vendez rapidement après le décès, votre plus-value imposable sera souvent faible, voire nulle, puisque le bien sera vendu à un prix proche de celui retenu dans la succession.

En revanche, la durée de détention repart à zéro à la date du décès. Ce point est essentiel pour comprendre les abattements qui s’appliquent.

1. Le point de départ : la fiscalité

Lorsque vous héritez d’un bien immobilier, la fiscalité ne fonctionne pas comme pour un achat classique.

Le prix de référence pour le calcul de la plus-value n’est pas ce qu’a payé votre parent à l’époque. C’est la valeur vénale déclarée dans la succession autrement dit, la valeur retenue par le notaire au moment du décès, qui correspond en général à la valeur de marché à cette date.

Cela a une conséquence directe : si vous vendez rapidement après le décès, votre plus-value imposable sera souvent faible, voire nulle, puisque le bien sera vendu à un prix proche de celui retenu dans la succession.

En revanche, la durée de détention repart à zéro à la date du décès. Ce point est essentiel pour comprendre les abattements qui s’appliquent.

2. Le calendrier des abattements sur la plus-value en 2026

La plus-value réalisée lors de la vente d’un bien immobilier hérité est soumise à l’impôt sur le revenu (19 %) et aux prélèvements sociaux (17,2 %), soit un taux global de 36,2 % sauf abattements liés à la durée de détention.

Voici comment les abattements se cumulent en 2026 :

Durée de détention

Abattement impôt sur le revenu

Abattement prélèvements sociaux

Moins de 6 ans

0%

0%

De 6 à 21 ans

6% par an

1,65% par an

22e année

4 % (exonération totale IR)

1,60 %

De 22 à 30 ans

Exonération totale IR

Suite des abattements

Au-delà de 30 ans

Exonération totale IR

Exonération totale PS

Au-delà de 22 ans de détention, vous ne payez aucun impôt sur le revenu sur la plus-value. L'exonération totale (IR + PS) est atteinte à 30 ans.

3. Les cas d'exonération totale

Certaines situations permettent une exonération complète, quelle que soit la durée de détention :

4. Les 5 raisons de garder et les 5 raisons de vendre le bien

Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise décision universelle. Mais voici les situations dans lesquelles la vente est souvent la meilleure option :

5 raisons de vendre le bien hérité

Il n’existe pas de décision universelle. Mais voici les situations dans lesquelles la vente est souvent la meilleure option :

5 raisons de garder le bien hérité

À l’inverse, certaines situations militent clairement pour la conservation :

5. Le piège de l'indivision

Lorsque plusieurs héritiers reçoivent un même bien, ils se retrouvent en indivision : chacun possède une quote-part abstraite du bien, sans partie physique délimitée.

En pratique, cela signifie que toute décision importante requiert l’accord de tous les indivisaires. Un seul héritier peut bloquer une vente, des travaux, ou même un changement de locataire.

C’est une situation fragile, souvent source de tensions familiales — en particulier entre des héritiers qui ne s’entendent pas sur la stratégie à adopter.

La SCI comme solution potentielle

La création d’une SCI familiale après une succession est une démarche courante et bien encadrée. Elle mérite toutefois une analyse patrimoniale complète avant d’être mise en place. Transformer l’indivision en SCI permet :

1. Clarifier

Clarifier la gouvernance (gérant désigné, règles de vote dans les statuts)

2. Faciliter

Faciliter la transmission des parts progressivement

3. La fiscalité

Accéder à certains avantages fiscaux selon la structure choisie (SCI à l'IS ou à l'IR)

6. La grille de décision : 3 questions à se poser

Avant de prendre votre décision, posez-vous ces trois questions fondamentales :

FAQ : Questions fréquentes sur l'héritage immobilier

Faut-il payer des droits de succession avant de pouvoir décider ?

Oui. Les droits de succession doivent être réglés dans les 6 mois suivant le décès (12 mois en cas de décès à l’étranger). Leur montant dépend du lien de parenté et de la valeur des biens transmis. Des abattements existent : 100 000 € entre parents et enfants, renouvelables tous les 15 ans.

Non, en indivision, la vente du bien nécessite l’accord de la totalité des indivisaires. En cas de blocage persistant, un héritier peut saisir le tribunal judiciaire pour demander une licitation (vente forcée).

Non. Elle peut être totalement exonérée si le bien est votre résidence principale, si le prix de vente est inférieur à 15 000 €, ou si vous êtes retraité sous conditions de ressources. En dehors de ces cas, des abattements pour durée de détention s’appliquent à partir de 6 ans.

C’est la valeur de marché du bien au jour du décès, estimée et déclarée par le notaire dans la déclaration de succession. C’est cette valeur qui sert de base de calcul pour la plus-value en cas de revente ultérieure.

Oui, tout à fait. Il est même conseillé d’envisager cette option dès la succession si plusieurs héritiers sont impliqués. L’apport d’un bien en indivision dans une SCI est un acte notarié qui nécessite l’accord de tous les indivisaires.

Oui. Un CIF (Conseiller en Investissements Financiers) indépendant peut analyser votre situation globale (situation fiscale, objectifs, horizon, autres actifs) et vous recommander la stratégie la mieux adaptée. En Corse, comme partout en France, le cabinet Renou Patrimoine vous accompagne sur ces décisions de transmission. Contactez-nous

Prenez rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine

Hériter d’un bien immobilier est souvent la première grande décision patrimoniale de votre vie. Elle se prend dans un contexte émotionnel, souvent sous pression des co-héritiers ou du calendrier fiscal. Et pourtant, une décision prise trop vite peut coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Chez Renou Patrimoine, cabinet indépendant basé à Furiani, près de Bastia, nous accompagnons les héritiers corses dans cette réflexion : analyse de la situation fiscale, comparaison des scénarios, structuration via SCI si pertinent, et mise en oeuvre coordonnée avec votre notaire.

Le premier rendez-vous est sans engagement. Il peut se tenir au cabinet ou en visioconférence.

Le contrat de capitalisation est souvent réservé aux stratégies patrimoniales avancées.
Il permet :

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